Les travaux ne doivent pas interrompre les itinéraires cyclables

L’été est une période particulièrement favorable à la pratique du vélo. Les conditions météorologiques sont propices et la circulation automobile, généralement moins dense, rend les déplacements plus sereins. C’est souvent le moment où de nouveaux usagers osent enfourcher un vélo, avant d’en faire, parfois, leur mode de déplacement quotidien.

C’est aussi la période privilégiée pour réaliser les travaux sur la voirie. Or, dans la Métropole, ces chantiers se traduisent encore trop souvent par une rupture de la continuité des itinéraires cyclables.

Le temps où le vélo était une variable d’ajustement appartient au passé. Les cyclistes ne sont plus des usagers occasionnels que l’on peut renvoyer sur le trottoir ou contraindre à descendre de selle dès qu’un chantier apparaît. La continuité des itinéraires cyclables doit désormais être considérée comme une exigence à part entière, au même titre que la continuité des déplacements automobiles.

Des ruptures de continuité qui se multiplient

De nombreux usagers nous ont signalé des situations où les aménagements cyclables sont interrompus sans qu’une solution sûre soit proposée.

La zone de travaux de la route de Neufchâtel, à Rouen, en est un exemple particulièrement marquant : les cyclistes y sont invités à mettre pied à terre. Mais ce cas est loin d’être isolé. Des ruptures de continuité sont par exemple également signalées sur la route de Lyons à Darnétal. Les exemples se multiplient et nous ne sommes pas en mesure de rapporter une liste exhaustive.

Ces difficultés ne concernent d’ailleurs pas uniquement les travaux de voirie. Des chantiers privés empiètent également sur les cheminements piétons et cyclables. Ainsi, rue Marie Curie, dans la zone Rouen Innovation Santé, le trottoir et la piste cyclable sont interrompus par un chantier. Sur l’avenue du Mont-Riboudet, une rupture de continuité cyclable perdure depuis plus d’un an.

Un frein au développement du vélo

Ces interruptions découragent les déplacements à vélo, notamment pour les personnes qui découvrent cette pratique ou souhaitent l’adopter pour leurs trajets quotidiens. Elles vont directement à l’encontre des objectifs de développement de la part modale du vélo que la Métropole s’est elle-même fixés.

Garantir la continuité des itinéraires cyclables pendant les travaux n’est pas un simple confort pour les usagers : c’est une condition indispensable pour rendre le vélo attractif et sécurisé.

Des obligations réglementaires et des engagements à respecter

La réglementation est pourtant claire. La directive interministérielle sur la signalisation routière prévoit que lorsqu’un chantier impacte un aménagement cyclable, les cyclistes doivent être réinsérés dans la circulation générale de façon sécurisée ou, lorsque l’importance du trafic cycliste et la durée du chantier le justifient, bénéficier d’un itinéraire provisoire spécifiquement installé.

Ces obligations sont connues de la Métropole. Elles sont d’ailleurs reprises dans son propre Plan vélo, adopté à l’unanimité par le Conseil métropolitain en novembre 2023, qui prévoit de garantir la continuité des itinéraires cyclables lors des travaux.

Sabine demande une application effective des règles

Face à ces manquements répétés, Sabine a interpellé le président de la Métropole afin de rappeler que les ruptures de continuité cyclable vont à rebours des objectifs affichés en matière de développement du vélo et contreviennent aux règles nationales comme aux engagements pris par la collectivité.

L’association demande que les dispositions existantes soient pleinement appliquées, que la continuité cyclable soit systématiquement garantie lors de tous les chantiers, publics comme privés, et que des consignes claires soient données aux services métropolitains, aux maîtres d’ouvrage et aux entreprises intervenant sur le territoire afin que cette exigence soit intégrée dès la préparation de chaque chantier.