Manque de places pour les vélos dans les trains normands

En octobre 2018, Sabine envoyait un courrier au président de la région Normandie pour alerter sur le manque de places prévues pour les vélos dans les nouveaux trains Omnéo commandés pour renouveler une partie du parc. Puis en février 2019 une action commune portée par plusieurs associations, dont Sabine, était organisée à Caen pour demander davantage d’emplacements pour les vélos non démontés dans les trains. L’actualité estivale vient confirmer ce que nous redoutions : les vélos ne trouvent pas leurs places dans les trains normands et certains cyclistes restent sur le quai… La situation pour les usagers vélotafeurs/pendulaires du quotidien s’aggrave aussi inexorablement depuis quelque temps …

Le 19 août, Actu76 publie « SNCF. Des cyclistes restés à quai à cause du manque de places dans les trains normands » – Selon des syndicats, des cyclistes sont refusés dans les trains à cause du manque de places. Et les nouveaux Omneo n’arrangeront rien. La Région Normandie soutient le contraire.

ll faut que les élus régionaux revoient leurs copies en prévoyant plus de places pour les vélos, car cette alternative ne fera que se développer. Malheureusement, quand on constate le nombre de places de vélos dans le nouveau matériel Omneo dont la livraison va commencer à l’automne, on se rend compte de l’insouciance des élus face aux urgences d’aujourd’hui. 

Pourtant, courant mai, nous avions reçu, enfin, une réponse du président de Région :

Réponse-H-Morin-mai-2019

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(Vous noterez la mention manuscrite d’Hervé Morin en fin de courrier 😉

Ce courrier ne nous satisfait évidemment pas a fait l’objet d’une nouvelle réponse de la part de Sabine et des Dérailleurs de Caen, le 25 juillet dernier :

Réponse-V3Morin-juillet-2019

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Le 14 août, c’est au tour des cheminots normands de pointer du doigt le manque de places pour les vélos dans les trains via ce communiqué de presse :

Communiqué de presse Sud Rail et Union Syndicale Solidaires – 14 août 2019

Le problème n’est pas uniquement normand mais national: A Belfort par exemple, des cyclistes en famille n’ont pas pu monter dans leur train. Tout au long de l’été on a eu écho de ces problèmes récurrents.

Marie-Eve Belorgey, son mari et sa fille devaient partir en Bretagne en train, avec les vélos, depuis Belfort. Problème : l’aire de stockage des vélos du Mulhouse-Paris était pleine. La famille a été refoulée par les deux contrôleurs, qui ont appelé la police, alors qu’ils avaient réussi à stocker les vélos sans bloquer le passage. Vacances annulées et au moins 300 euros perdus.

Enfin le 19 août, c’est au tour de l’association CycloTransEurope de publier un communiqué de presse qui en appelle à la Ministre de la Transition Écologique et Solidaire et des Transports, Elisabeth Borne :

Communiqué de presse CycloTransEurope à Elisabeth Borne

un article de 20 minutes : Transports: Quand vouloir embarquer son vélo dans le train vire au cauchemar« Embarquer son vélo dans le train pour partir en vacances se révèle, sur bien des destinations, une équation impossible. Après un « été infernal », l’association de cyclotourisme CycloTransEurope presse la SNCF d’agir »

Les tensions sont le résultat de deux courbes qui se croisent, lance Olivier Schneider, président de la FUB (Fédération française des usagers de la bicyclette). « La première est l’augmentation du nombre de Français à vouloir se passer de voiture et à se reporter sur le vélo ou le train en cherchant parfois à combiner les deux. » Et l’été, le long des véloroutes françaises, de plus en plus fréquentées, ça coince. « Certaines situations sont absurdes, reprend Olivier Schneider. Une administratrice de la FUB s’est par exemple retrouvée à attendre le seul TER qui relie Lyon à Tours – pour passer de la véloroute de la ViaRhônaà celle de la Loire à vélo – avec vingt cyclistes sur le quai. Il n’a que six crochets  » vélo  » dans le train et ils étaient tous déjà occupés. »

De nombreux touristes à vélo, plus nombreux encore en été, viennent gonfler le nombre de cyclistes qui montent dans les trains pour leurs trajets quotidiens, ce qui n’est pas déjà toujours très simple. Visiblement le problème n’a pas été anticipé partout. En tout cas, pas en Normandie. Pour un pays qui s’enorgueillit d’être le deuxième plus visité au monde par les cyclotouristes, il reste beaucoup de chemin à faire pour que chacun trouve une place avec son vélo pour se rendre sur son lieu de destination…


le courrier initial d’octobre 2018 :

courrier-à-région-trains-oct18

le courrier commun de février 2019 :

DER-action-train-vélo-courrier-Morin

(*) concernant le « sondage » portant essentiellement sur l’aménagement intérieur lors de la commande des nouvelles rames normandes, 40% du total des répondant·e·s à celui-ci trouvent « essentiel » le service de transport/expace vélo à bord (voir). De plus aucune association cycliste normande n’a été consultée.