un témoignage : le quotidien en vélo-cargo

Je circule à vélo-cargo depuis février 2016. Je triche, il est électrique. Pour moi, le vélo, c’est 1/une façon d’éviter les bouchons et les galères pour trouver une place en voiture tout en transportant mes deux enfants (4 ans et 18 mois), 2/le plaisir de profiter du paysage et de l’air frais, 3/une source de zénitude.

Je circule à vélo tous les jours, pour aller au boulot et pour tout le reste. Je pars de chez moi (rive gauche, du côté du jardin des plantes), je dépose mes enfants à l’école, chez la nounou, je vais bosser (rive droite, sur les quais) mais le vélo-cargo me sert aussi pour n’importe quel déplacement dans Petit-Quevilly où j’habite ou dans le centre de Rouen. Quand il pleut, les enfants sont au sec car il y a une petite capote amovible. Mon fils avait quatre mois quand j’ai commencé à l’emmener dans le vélo-cargo dans un transat homologué posé au fond de la caisse. Quand ça grimpe, le vélo avance plutôt bien mais j’avoue que je n’ai pas encore tenté l’ascension du Mont-Gargan, il faudrait que je le fasse.

Mon vélo-cargo est un biporteur (deux roues), de la marque Amsterdamer. Je l’ai acheté sur internet. Quand il est arrivé chez moi, sur palette, un matin de décembre 2015, le livreur Fedex n’arrêtait pas de répéter : « C’est la première fois que je livre un vélo comme ça ». Depuis, quand je le croise dans mon quartier, lui dans son camion, moi sur mon cargo, il me fait de grands signes.

La différence entre un vélo-cargo et un vélo « normal » ?

Ça se conduit comme un vélo ou presque. C’est moins maniable dans les virages et on ne peut pas faire de pointes de vitesse mais ce n’est pas le but. C’est vraiment hyper pratique quand on transporte régulièrement enfants-légumes de l’amap-autres bidules encombrants (oui, je suis un cliché). En ce qui me concerne, ça remplace avantageusement une voiture.

Côté cohabitation avec les autres « usagers de la route » : le vélo-cargo attire sourires, courtoisie et commentaires bienveillants sur son passage. C’est fou la différence avec un vélo « normal ». Ce capital sympathie est sans doute lié au fait que mes enfants à bord sont mignons mais aussi parce que l’engin n’est pas très fréquent et impose le respect.

Pour autant, mon parcours quotidien n’est pas couvert de pétales de fleurs. Voilà ma liste des secteurs où je suis régulièrement debout sur la sonnette de mon vélo :

1- les double-sens cyclables, où, les automobilistes ont toujours l’air étonnés de croiser quelqu’un à vélo (comme celui de la rue de Trianon ou de la rue Etienne Delarue)

2- je passe ensuite entre le centre commercial et l’église St-Sever, c’est souvent plus cool que la rue Lafayette. C’est vraiment sympa le mardi, jour de marché aux Emmurés. Cela dit c’est aussi assez stressant de traverser pour rallier la piste cyclable, entre les voitures qui viennent de la droite et celles qui arrivent en face. Vous voyez ce que je veux dire ?

3 – pour traverser le cours Clémenceau, il faut avoir les yeux partout. Sur les voitures qui arrivent en face mais aussi sur les piétons qui oublient que des vélos arrivent des deux côtés de la rue St-Sever. En sens inverse, sur le trajet retour, idem.

4 – ensuite, pour passer sur la « piste cyclable partagée » (ou quel que soit son nom) avec piétons et voitures des quais de la rive droite, c’est une question de chance. Pas de bol si tu arrives au moment où un bus vient de s’arrêter et de déverser un flot de piétons qui s’égaillent sur le trottoir sans penser qu’ils le partagent avec des vélos.

5 – dernier point noir, quand il s’agit de rejoindre les quais, quelqu’un pourrait-il expliquer aux piétons que le petit vélo peint au sol n’est pas là pour décorer ?
Bon voilà, sinon j’adore rentrer du boulot avec du soleil et cet album de Souad Massi dans les oreilles. Et je n’ai vraiment pas envie qu’on m’impose de porter un casque et/ou un gilet jaune. Je n’ai jamais eu de gros pépin avec des voitures et ça va continuer, j’espère.

@Velocyclette


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